L’information…
Un assassinat en bonne et due forme
Le docteur George Tiller, 68 ans, était un des rares médecins aux États-Unis qui pratiquait l’avortement tardif c’est à dire à partir du 3eme trimestre de grossesse. Il a été assassiné d’une balle en pleine tête par un extrémiste « pro-vie » alors qu’il assistait à un service religieux en compagnie de sa femme.
Des militants extrêmes aux États-Unis
Des assassinats de ce type, il y en a déjà eu 4 ; 17 autres en ont été la cible ratée. M. Tiller se savait déjà menacé depuis longtemps ; il avait d’ailleurs déjà survécu à 2 tentatives de meurtre… avortées jusqu’à présent. En 1986, une bombe a explosé dans sa clinique du Kansas. Plus récemment, en 1993, une militante a réussie à le toucher aux deux bras.
Le dernier acte
M. Tiller a été inculpé de 19 délits suite à ses avortements tardifs par un procureur du Kansas. Selon lui, le médecin violait la réglementation en vigueur dans l’état. Sa relaxe le mois dernier (Mai 2009) a attisé la haine de militants qui ont réussi à couper le système de surveillance de la clinique, déjà brulée en 1986, et à percer le toit en de nombreux endroits, ce qui a eu pour effet d’inonder le bâtiment à la première pluie.
Une réglementation stricte
La réglementation en vigueur dans l’état du Kansas est pourtant très stricte. Elle n’autorise les avortements tardifs que sur des femmes saines de corps et d’esprit uniquement lorsque leurs vies est en danger ou que le fœtus n’a aucune chance de survie à la naissance. De plus, cet avis doit être confirmé par un 2eme médecin totalement indépendant.

Dr George Tiller
L’information en plus…
En France
L’interruption volontaire de grossesse est très encadrée, elle ne peut se faire au delà de 12 semaines de grossesse (14 pour des cas très exceptionnels). Cette durée s’explique parla législation française qui admet qu’à partir de 12 semaines l’embryon devient fœtus, et qu’une échographie à cette période permet de déterminer le sexe de l’enfant : on se prémunie donc d’un avortement « opportun ».
Il s’agit de la seule pratique chirurgicale qui doit être déclarée officiellement pour être légale. Malgré tout, on estime à 25 000 le nombre d’opérations non déclaré en France par an en raison notamment de l’anonymat des patientes.
Dans le monde
L’accès à l’information est un paramètre très important à considérer dans l’IVG. En effet, une étude a montré en Angleterre que le taux d’avortement était d’autant plus important chez les moins de 20 ans que les régions que l’on considérait étaient favorisées sur le plan économique : si on sait que ça existe, on l’utilise.
Aux Etats-Unis, le nombre de naissances non désiré est plus élevé dans les groupes sociaux défavorisés mais, dans le même temps, le taux d’avortement est plus élevé dans les groupes intermédiaires : on garde les enfants non souhaités chez les pauvres, les plus riches préfèrent avorter… cherchez l’erreur.
Les principales causes
Les principales causes de l’avortement sont les suivantes :
- Un logement trop petit,
- Un revenu trop faible,
- Des grossesses trop rapprochées,
- Un état de santé déficient,
- Une instabilité du couple.
Quelques chiffres en 1990
- 51% des femmes qui ont subi une IVG étaient célibataires,
- 10% avaient moins de 20 ans,
- 7% avaient 40 ans ou plus,
- 42% n’avaient pas d’enfants,
- 16% avaient 3 enfants ou plus,
- 22% avaient déjà eu recourt à une IVG.
1 femme connaîtra en moyenne une grossesse non désirée dans sa vie : 1 fois sur 2, elle choisira d’avorter. A la fin des années 80, 67% des femmes utilisaient un moyen contraceptif lors du premier rapport sexuel ; en 1993, elles sont 84%.
L’avortement a été dépénalisé en France en 1975 Par Mme Simone Veil, Ministre de la Santé dans le gouvernement d’un tout jeune Premier Ministre de l’époque : M. Jacques Chirac.
L’interruption volontaire de grossesse n’est pas un acte anodin et représente très souvent un vrai drame dans la vie d’une femme. Un drame car un avortement signifie que l’on n’a pas les moyens physiques, financiers ou sociaux de garder cet enfant.
En tous les cas, il ne doit pas consister en un moyen contraceptif : le vieil adage de Dechavanne tient toujours « Sortez Couvert ».

Un foetus à 15 semaines de grossesse
Source PlanningFamilial ([1],[2]), GyneWeb, Rue89
Edit le 24/6/2009 suivons un peu le fameux débat « L’embryon est-il humain » avec Marianne2.fr
Faut-il donner un statut civil à l’embryon ? La réponse n’est pas toute faite, car cela pose la question de qu’est ce qu’un humain ? Vous aurez quelques axes de réflexion en cliquant sur le lien.
[ad#pub-post]