La couverture maladie universelle (CMU) fête ses 10 ans. Elle facilite l’accès aux soins pour plusieurs millions de personnes qui ne pourraient pas se soigner autrement.
C’est quoi ça ?
Elle apparaît en 1999 sous le gouvernement de M. Lionel Jospin par l’initiative de Mme. Martine Aubry, elle existe sous 2 formes :
- La CMU de base est une généralisation de l’assurance maladie obligatoire ;
- La CMU-C (complémentaire) est une complémentaire santé gratuite.
Les bénéficiaires sont ceux qui n’ont pas accès aux soins par d’autres moyens, et qui résident sur le territoire français.
Vous avez accès à n’importe quel soin, public ou privé et avec le tiers-payant intégral : vous n’avancez aucun frais.
Ça sert à qui ?
Elle est assujettie à des conditions de ressources. A titre d’exemple, une personne seule doit être en deçà de 685 euros/mois pour pouvoir en bénéficier. Pour les foyers à plusieurs personnes, l’assurance maladie a un barème plus étendu, que vous pouvez consulter [ici].
On estime que 1,7 millions de personnes « profitent » de la CMU de base, et 4,3 millions pour la CMU complémentaire.
Pour ceux qui sont au delà du palier, il existe tout de même une aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) comprise entre 100 et 500 euros. Selon le Fonds CMU, 485 000 personnes dont les revenus dépassaient les seuils de 20% en bénéficient aujourd’hui.
Ça coûte combien ?
La CMU est financée par un prélèvement auprès des organismes de complémentaire santé : assurances, mutuelles et autres instituts de prévoyance.
Son coût de versement est estimé à 1,7 milliards d’euros par an soit l’équivalent d’une mutuelle à 416 euros si on prend l’exemple d’un salarié du privé.
La CMU n’est absolument pas chère au regard des prestations délivrées, d’autant plus que le Fonds CMU est un des rares organismes de santé publique qui ne perd pas d’argent. Il a d’ailleurs reversé plus de 82 millions d’euros d’excédents à la CNAM en 2008, ce qui est tout simplement rarissime.
Les défaillances du système
Le problème repose en tout premier lieu sur le refus de soigner de la part de professionnels de santé peu scrupuleux.
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes françaises, et plus particulièrement à Paris où 1/4 des médecins et dentistes refusent de recevoir les bénéficiaires de la CMU…. pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils pratiquent des dépassements d’honoraires, et qu’ils seraient obligés d’appliquer les tarifs de base de la sécurité sociale beaucoup moins lucratifs.
L’autre ombre au tableau est qu’ uniquement 500 000 personnes bénéficient de l’ACS alors qu’ils devraient être environ 2,3 millions… il y a peut-être un manque d’information quelque part.
L’accès au soins pour les moins favorisés
La CMU n’est pas parfaite, certes, mais elle a le mérite d’exister et de donner un accès au soins aux personnes les moins favorisées. Malheureusement, certains praticiens refusent de les soigner car elles ne sont pas rentables… la santé est aussi devenue un enjeu économique.
La France est un pays qui a coutume d’être éternellement insatisfait mais, rappelons-nous d’une chose, l’horizon n’est pas plus plus beau ailleurs.
Source : lexpansion.com
Liens : CMU, Wikipedia
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