En pleine crise du lait, cela pourrait paraître totalement paradoxal, mais la France importe bel et bien du lait de Nouvelle-Zélande et d’Australie alors même que les producteurs français sont au bord de la faillite.
Chute des prix
Le prix du lait est passé de 30 centimes d’euros / litre de lait en Avril 2008 à 21 centimes en Avril 2009 or le seuil de rentabilité d’une exploitation laitière s’élève à 28 centimes le litre… autant dire qu’il s’agit réellement d’une catastrophe pour certains producteurs qui doivent mettre la clé sous la porte.
Plus d’offre que de demande
Après une vague de sous-production en 2007, les prix avaient tellement grimpé que la France a été obligé d’aller acheter du lait à l’étranger pour payer moins cher. Et lorsque crise financière est arrivée, et que la demande a baissé, on est passée d’une situation de sous-production à une sur-production.
En d’autres termes, il y a actuellement plus d’offre que de demande, et là, mathématiquement, les prix ont baissé jusqu’à un effondrement de 30%.
Produire au moindre prix
Cette baisse doit aussi être mise en rapport avec le lien très fort qui existe entre l’industrie laitière et et la grande distribution. Ces derniers veulent toujours acheter à des prix toujours plus bas et encore plus bas. Conséquence ? L’industrie laitière fait de même pour ses propres achats ; en bout de chaîne, on retrouve le producteur laitier, forcé à vendre encore et toujours au moindre prix ou à ne pas vendre du tout.
Les prix n’étant pas extensibles, l’autre solution est d’importer du lait de pays où il est produit moins cher qu’en France, tout simplement. Ainsi, la moitié du lait consommée en France provient de Nouvelle-Zélande ou d’Australie notamment.
Pas de baisse des prix
Vous aurez bien entendu noté que le prix de votre bouteille de lait n’a absolument pas baissé… cela signifierait-il que certains ont profité du système et s’en sont mis plein les poches ?
Constatons juste les faits, l’industrie laitière achète le lait à 21 centimes aux producteurs de lait français, soit une baisse de 30% par rapport à un an. Ensuite, le lait est transformé et vendu aux grandes surfaces à un prix… inconnu. En définitive, le lait se retrouve au même prix dans les rayons de nos supermarchés. Personnellement, il y a quelque chose qui me pose problème dans toute cette chaîne, pas vous ? Une chose est sûre, ce ne sont pas les producteurs de lait au bord de la ruine qui se sont enrichis.
L’explication européenne
La surproduction est aussi en rapport avec un système de libre échange adopté depuis peu par la Commission Européenne. En effet, un accord à la « quasi-unanimité » (sauf la Lituanie) a été trouvé en Décembre dernier.
Que dit-il ? Il prévoit tout simplement de mettre fin aux quotas laitiers, au fur et à mesure jusqu’en 2015, et une évolution des prix uniquement effectuée selon l’offre et la demande. Cela pourrait paraître pertinent sur les prix à première vue mais cela abouti à une totale dérégulation du système.
En résumé, plus personne ne dit aux producteurs combien de litres de lait ils doivent produire donc ils produisent au mieux et cela a conduit à une surproduction donc à une baisse des prix ; il faut signaler que la crise financière n’a rien arrangé.
A vouloir absolument bannir la régulation des prix pratiquée jusqu’à présent, la commission a peut être signé l’arrêt de mort de l’industrie laitière indépendante en Europe.
Source Marianne2.fr ici et ici
Edit le 22 Mai 2009 retrouvez également un billet complémentaire sur Marianne2.fr

Michel Barnier